Le fameux statut Facebook censé protéger vos données

Pratiquement à chaque changement de politique de confidentialité de Facebook on y a droit, mais ce fameux statut dans lequel les utilisateurs du réseau social interdisent à l’entreprise d’utiliser leur données ne sert à rien, il est même comique. Voilà pourquoi.

Le contrat de service a été accepté

facebook tos agreement

En effet, lors de l’inscription sur Facebook vous acceptez les conditions d’utilisation. Donc pour pouvoir poster ce statut, cela signifie que vous avez accepté lesdites conditions.

Ce passage en particulier est celui qui devrait vous mettre la puce à l’oreille.

9. À propos des publicités et des autres contenus commerciaux diffusés ou améliorés par Facebook

Notre objectif est de proposer des publicités, et d’autres contenus commerciaux ou sponsorisés, de façon avantageuse pour les internautes et les annonceurs. Pour nous aider à y parvenir, vous acceptez les conditions suivantes :

  1. Vous nous autorisez à utiliser votre nom, votre photo de profil, vos contenus et vos informations dans le cadre d’un contenu commercial, sponsorisé ou associé (par exemple une marque que vous aimez) que nous diffusons ou améliorons. Cela implique, par exemple, que vous autorisez une entreprise ou une autre entité à nous rémunérer pour afficher votre nom et/ou la photo de votre profil avec votre contenu ou vos informations, sans vous verser de dédommagement. Si vous avez sélectionné une audience particulière pour votre contenu ou vos informations, nous respecterons votre choix lors de leur utilisation.
  2. Nous ne transmettons pas votre contenu ni vos informations aux annonceurs sans votre accord.
  3. Vous comprenez que nous ne pouvons pas toujours identifier les communications et services payés en tant que tels.

En effet, vous autorisez l’entreprise à réutiliser “vos contenus et vos informations”. Ce qu’il faut comprendre ici c’est que toutes les informations que vous renseignez ou pas, finissent sur votre “profil”.

Pour contester légalement, en bonne et due forme, il faudrait le faire devant la cour de justice de l’état de Californie, c’est à dire où Facebook paye ses taxes. Bon courage.

  1. Vous porterez toute plainte, action en justice ou contestation (« action ») afférente à cette Déclaration ou à Facebook exclusivement devant un tribunal américain du Northern District de Californie ou devant un tribunal d’État du comté de San Mateo, et vous acceptez de respecter la juridiction de ces tribunaux dans le cadre de telles actions. Le droit de l’État de Californie régit cette Déclaration, de même que toute action entre vous et nous, sans égard aux dispositions en matière de conflits de lois.

Comment Facebook gagne de l’argent avec vos données

Il existe un expression dans le numérique qui dit “si c’est gratuit c’est que vous êtes le produit”. C’est exactement le cas ici. Avec le contenu suivant:

  • Likes
  • Centres d’intérêt (Films, séries, pages)
  • Les sites visités
  • Les pages suivies
  • Les photos postés
  • Les commentaires effectués
  • Les éléments qui attirent votre attention (quand vous arrêtez de faire défiler le flux pour regarder une image par exemple)

vous avez un portrait marketing particulier qui permet à Facebook de vous envoyer des publicités qui correspondent à votre profil. Cette possibilité de “targeting” qu’a Facebook rend la plateforme très attrayante pour les annonceurs. En effet, en créant une campagne de publicité, un vendeur de snickers personnalisés avec des graffitis, situé sur Paris, peut cibler exactement les jeunes de 18 à 35 ans qui “aiment” les snickers, les graffiti et qui habitent à Paris.

Tout cela se monétise, vous valez environ 4,70€ pour Facebook (fichier pdf), et c’est une tendance à la hausse puisque qu’en Q3 2015 c’était 2€. Cela s’explique par le fait que le targeting très poussé proposé par l’entreprise permet aux annonceurs d’effectuer des campagnes très ciblées.

Comment s’en protéger ?

J’aurai envie de dire pourquoi vouloir se protéger de Facebook quand Google a certainement plus de données sur vous, puisque ce dernier est réellement partout, sur 95% des sites que vous visitez. Et s’il n’y est pas c’est lui qui vous y envoie.

Pour s’en protéger, il aurait fallu le faire depuis le départ. Ne rien liker, ne rien partager, ne rien commenter.

Liker peu ou partager peu c’est pire. En effet, vous aurez tendance à “engager” que les éléments qui vous intéressent vraiment, et à ce moment votre profil marketing devient alors très aiguisé : “Elle ne partage que des photos de chat, il y a des très grandes chances que ça soit la folle aux chats.”

Il faut aussi déconnecter les commentaires et les boutons like de Facebook sur les sites tiers, avec une extension de navigateur comme uBlock origin. Mais ça devient déjà assez technique. Cela permet d’éviter de dire à Facebook que vous êtes allés sur un site de vente de snickers par exemple. En effet, il existe un procédé qui s’appelle les “Retargeting ads” qui visent à vous innonder de publicité de quelque chose que vous venez de consulter. Cela permet aux “acheteurs” de pub de vous ramener en vous disant en quelque sorte “viens, t’avais pas fini”.

C’est grâce à ces choses à première vue sans intérêt, que Facebook est capable de savoir que vous aimez les voitures de luxe alors que vous n’avez jamais “engagé” sur une voiture de luxe en étant sur Facebook.

Je ferme mon compte

Si vous fermez votre compte Facebook, pour garder une certaine logique il faut fermer votre compte Whatsapp et Instagram. Ceux-ci appartiennent à Facebook et le dernier fonctionne sur à peu près le même principe. Whatsapp permet à Facebook de savoir qui il y a dans votre répertoire même si vous n’avez pas Facebook Messenger.

Donc le coup du “J’ai pas Facebook” ne fonctionne pas. Le fait que vous n’ayez pas Facebook fait de vous une singularité facile à discerner. Votre graphe est déjà traçé et il vous attend. Comment vous pensez qu’il est possible de retrouver tous vos amis “réels” ou les gens que vous avez croisé d’un simple clic sur le réseau social ?

Si vous n’êtes pas sur Facebook vous êtes sur Facebook.

Dans un soucis de cohérence il faudrait aussi fermer votre compte Google et votre compte bancaire puisqu’ils en savent à peu près autant sur vous.

Ça fait peur n’est-ce pas ?

 

Stephen B

Développeur informatique passionné de numérique et de technologie au sens large du terme.