Une Tesla aurait prédit un accident

Une Tesla évite un accident et la toile s’enflamme parce qu’un logiciel a fait ce qu’on attendait de lui. A la fin de l’année 2016, c’est quand même assez fou qu’une banalité pareille puisse être un sujet viral.

Voici la vidéo :

Tesla provoque l’excitation générale et collective de la presse

Les médias traditionnels semblent vivre dans le passé, est c’est assez déplorable. En effet, les sites d’actualité dans leur grande globalité n’hésitent pas à utiliser le terme “prédiction” dans leur article, comme si une intelligence venue d’ailleurs a vu l’accident venir. En revanche, les sites un peu spécialisés mettent de l’eau dans leur vin expliquant que c’est tout ce qu’il y a de plus logique, et j’explique pourquoi. L’humanité se prépare à envoyer des gens sur Mars et certaines personnes trouvent génial qu’une voiture équipée avec le matériel qu’il faut peut freiner afin d’éviter une collision. C’est fou n’est-ce pas ?

L’explication logique

On parle d’un algorithme, d’une IA, d’un machine learning, qui a été perfectionné avec des millions de kilomètres de données.

La voiture roule à 113Km/h, un ordinateur est assez malin pour calculer combien de distance il faut au véhicule pour freiner en moyenne. Sachant qu’un freinage d’urgence effectué par l’autopilot est plus efficace que la même opération réalisée manuellement. Jusque là pas de problème. Tout va bien.

La Tesla dans sa dernière génération est équipée de radars, donc elle peut savoir à quelle distance se trouve un objet à l’avant. Logique.

Donc on a déjà 2 donnés : La vitesse du véhicule, la distance d’un objet. Rien que ces deux données permettent déjà d’éviter la collision. Mais je vais plus loin.

Le véhicule est également équipé de caméras et la vision par ordinateur rentre en compte dans l’algorithme. Donc il n’est pas impossible que la voiture ait détecté un fort ralentissement d’une boite qui allait aussi vite qu’elle. 3 données.

L’algorithme a du se dire  “mais si je ne ralentis pas, et vu ma vitesse, il va y avoir un impact avec cette boite de type voiture”. Cette boite c’est la voiture noire devant la rose.  Donc la distance qui séparait cette voiture noire de la Tesla a diminué subitement. Ça fait 4 données.

Il y avait une voiture grise qui arrivait par derrière et la voiture sur la voie de droite ralentissait. Donc la Tesla ne pouvait pas se déporter sur la voie de droite en sécurité. Çà fait 5 données.

Nous sommes en 2016, l’opinion générale s’extasie devant un algorithme capable de mettre 5 informations bout à bout pour prendre une décision. Les ingénieurs de chez Tesla doivent mourir de rire et ils ont bien raison.

Le bip n’est pas anodin

Les bips qu’on entend dans la vidéo ne sont pas anodins. Il s’agit du son que fait l’autopilot quand il demande au chauffeur de reprendre la main immédiatement. Ce qui signifie que l’algo a bien détecté une situation critique et qu’il ne peut pas poursuivre au delà. Il se pourrait même que le conducteur ait freiné lui même suite au bip. On en sait rien.

La prédiction

Si les algorithmes pouvaient prédirent des choses le monde serait bien différent. L’autopilot de Tesla n’a rien prévu. Des données ont été mises en évidence, l’algorithme a réagi logiquement. Il n’y a pas eu prédiction d’accident comme la presse veut le faire entendre. Même pas sûr que l’accident intéresse l’algo, au fond. Le fait que deux voitures se sont percutées n’aide en rien la prise de décision.

L’accident c’est juste un hasard. La voiture rose ne s’est pas déportée suffisamment rapidement et a donc percuté celle qui la précédait.

Si on doit attribuer une chose à l’autopilot, c’est le temps de réaction beaucoup plus rapide qu’un humain.

 

Stephen B

Développeur informatique passionné de numérique et de technologie au sens large du terme.